de Gérard Akoun le 17/06/2010
Chronique politique du 17 juin 2010
Dans un point de vue publié dans le journal le Monde, en date du quatre juin, intitulé « les limites du recours à la force armée » Amos Oz commençait par déclarer, je cite, « l’usage de la force est vital pour notre pays, je n’en sous estime pas l’importance. Sans elle, nous ne survivrions pas même vingt quatre heures. Nul ne doit méconnaître son pouvoir. »
Ces phrases donnent la clé qui permet de comprendre, ce qui ne signifie pas justifier, l’usage quasi permanent de la force par les autorités israéliennes. Israël se sent vulnérable, et cela frise l’obsession : comment pourrait il en être autrement, quand le président d’un état qui veut se doter de l’arme nucléaire, l’iranien Ahmadinejad, répète tous les jours qu’il veut détruire Israël, et qu’il peut continuer à prononcer ses discours incendiaires à la tribune de l’ONU sans que cela ne soulève l’indignation de la communauté internationale. Un état qui menace directement Israël à ses frontières en fournissant, en armement ultra moderne, deux organisations islamistes qui, elles aussi, veulent la destruction d’Israël, le Hezbollah, au nord, malgré la présence de forces internationales qui devraient, en principe empêcher cet afflux d’armes, et le Hamas, à Gaza, par l’intermédiaire de la Syrie.
Mais l’utilisation systématique de la force pour régler les problèmes politiques, finit par se retourner contre ses utilisateurs, comme on vient de le constater avec l’assaut de la flottille, dite humanitaire, qui voulait forcer le blocus de Gaza. La force devient contre productive, le gouvernement israélien est obligé de desserrer le blocus terrestre et son image ainsi que celle de son armée n’en ressortent pas grandies. Je ne vais pas revenir sur l’événement lui même, et sur le déchaînement disproportionné de condamnations qu’il a entraîné dans les média, mais je voudrai rappeler, d’une part que peu d’entres eux ont précisé que le blocus de Gaza n’était pas seulement israélien mais aussi égyptien et que les deux pays l’organisaient de concert, d’autre part que ces « humanitaires »ont refusé de remettre au Hamas à l’intention de Gilad Shalit, le jeune soldat franco israélien, otage du Hamas et maintenu dans un isolement total depuis bientôt quatre ans, une lettre et un colis de ses parents.
Poursuivant son propos Amos Oz ajoutait, je cite, « Mais nous ne pouvons oublier non plus que le seul usage légitime de la force est celui de la prévention et ne tend qu’à empêcher la destruction ou l’occupation d’Israël, protéger nos vies et notre liberté. »
C’est rappeler, que la force n’est pas un langage et qu’elle ne doit être utilisée qu’en dernière extrémité, qu’il est nécessaire de rechercher, d’abord, des solutions diplomatiques aux problèmes qui se posent avec ses voisins. Le conflit israélo palestinien ne peut se résoudre que politiquement, par un compromis territorial, par la création d’un état palestinien aux côtés d’Israël, par des concessions douloureuses, comme l’avaient déjà reconnu Sharon et Olmert
Le peuple juif a survécu pendant deux mille ans en subissant la force mais en utilisant aussi, autant qu’il pouvait, la diplomatie. Les Pères fondateurs de l’état d’Israël ont su, pour parvenir à leurs fins, utiliser simultanément la force et la diplomatie et faire preuve de pragmatisme, il serait regrettable et dangereux que plus de soixante années après la création de l’état, leurs successeurs ne soient à même que d’utiliser la force. .
Gérard Akoun Judaïques FM 94.8

Autres articles de
Gérard Akoun:
• BILLET DE GERARD AKOUN 21 JANVIER 2010
• BILLET GERARD AKOUN
• BILLET DE GERARD AKOUN JEUDI 25 MARS 2010

